Olivier Métellus – 2 décembre 2025 – 3 min de lecture

Chronique
Dans le cadre des Nuits de la lecture (21–25 janvier), le Musée International d’Art Naïf (MIDAN) a accueilli à Vicq une visite en poésie conçue comme un dialogue vivant entre peinture et littérature. L’événement, prévu comme intimiste (20 à 25 personnes), a réuni une quarantaine de participants : signe clair qu’un public nouveau – curieux, attentif, souvent extérieur au cercle habituel de l’AAJM – a répondu présent.
Dès l’ouverture, la rencontre a pris un relief particulier avec un hommage à deux hommes de lettres disparus très récemment (Valère Novarina grand homme de théâtre – proche d’Haïti – et l’écrivain Zéno Bianu) par Jacques Fournier qui les a bien connus. Puis, le dispositif imaginé par le musée a fait toute la différence : un public assis, et des œuvres réunies dans une même salle, permettant, au gré des lectures et des commentaires, de “tourner” simplement sa chaise et son regard – comme si l’on passait d’une voix à une couleur, d’une image à un vers.
La réussite tient aussi à la qualité des interventions. La conservatrice Lou-Anne Blanchard a proposé des présentations d’œuvres claires, incarnées, et d’un très haut niveau, donnant au public des clés de lecture accessibles sans jamais appauvrir la profondeur des tableaux. En écho, la mise en voix assurée par Jacques Fournier, de la compagnie à Hauteur 2 Voix, a porté l’œuvre de Jean Métellus avec une intensité maîtrisée et une grande justesse : choix des textes, rythme, respiration, présence… tout concourait à faire entendre la poésie dans sa noblesse.
Particulièrement remarqués, les intermèdes musicaux, alternant répertoire classique et grands accents de la musique haïtienne, ont ponctué la visite avec une efficacité rare : non comme un décor, mais comme une seconde narration, venant relancer l’attention et enrichir le sens.
Côté peinture, la visite a permis de mettre en lumière plusieurs artistes de l’art naïf haïtien : Dieudonné Rouanez, M. Stéphane, Jean-René Chéry, J. Polycarpe et Y-J. Pierre – autant de signatures qui, chacune à sa manière, rappelle la puissance narrative, festive et spirituelle de cette école picturale.
Enfin, un point mérite d’être souligné : la présence de trois représentants importants de la communauté haïtienne – peu nombreux, mais très signifiants – a donné au moment une chaleur et une gravité particulières, tout en confirmant l’ambition centrale de l’AAJM : faire circuler, ouvrir, partager, afin que la beauté d’Haïti se dise en France à hauteur de tous.
A suivre : publication d’extraits vidéo des lectures, voir le premier sur notre chaine.
Olivier Métellus
Sources et crédit
Musée International d’Art Naïf – MIDAN
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