En mars 2026, l’aventure Eloquentia Jacmel a trouvé à Paris un prolongement remarquable avec la venue d’Abigaïl Alexandre, lauréate haïtienne engagée dans la finale internationale et de Wagens Jean-Louis, Eloquentia Jacmel, coordinateur, mentor, coach et membre fondateur de Golden Team Haiti. Au fil de ces journées d’accueil, de rencontres et de prises de parole, c’est bien plus qu’un déplacement qui s’est dessiné : une chaîne de transmission, portée par la jeunesse, par la parole et par des passerelles concrètes entre Haïti et la France.

Cette séquence a aussi donné un relief particulier au travail mené depuis Jacmel par Wagens Jean-Louis que l’AAJM avait déjà souhaité mettre en lumière dans un entretien publié en janvier 2026. Ce qui s’est joué à Paris a montré, de manière très concrète, la portée de cette dynamique.

Une parole née à Jacmel, portée jusqu’à Paris

À travers Eloquentia Jacmel, c’est toute une vision qui se déploie : faire de la parole un espace d’émancipation, de confiance et d’élévation pour la jeunesse haïtienne. Dans un contexte souvent éprouvé, voir émerger une telle exigence de travail, de présence et d’expression constitue déjà en soi un signe fort.

La venue à Paris d’Abigaïl Alexandre n’a donc pas été un simple déplacement lié à une finale. Elle a incarné le passage d’un engagement local à une reconnaissance plus large, dans un cadre où la parole, la culture et la représentation de la jeunesse haïtienne ont trouvé un écho particulier.

Abigaïl Alexandre, une voix haïtienne en chemin

Par sa tenue, son sérieux, sa présence et sa justesse, Abigaïl Alexandre a porté à Paris bien davantage qu’une performance oratoire. Elle a donné à voir une jeunesse haïtienne digne, travailleuse, prometteuse, capable de se tenir avec force dans les lieux les plus exposés sans rien perdre de sa simplicité ni de son ancrage.

Son parcours, au cours de ces journées, a été marqué par plusieurs temps forts : rencontres, accueil institutionnel, échanges avec les équipes d’Eloquentia, découverte d’un environnement nouveau, puis moment décisif de la finale. Chacun de ces épisodes a contribué à faire apparaître une même évidence : la parole peut devenir un véritable levier de transmission et d’ouverture.

Wagens Jean-Louis et Golden Team Haiti : le travail derrière la scène

Cette aventure parisienne ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un travail de fond mené à Jacmel par Wagens Jean-Louis et Golden Team Haiti, déjà évoqué par l’AAJM dans l’entretien publié en janvier 2026 : « Porter sa voix depuis Jacmel : entretien avec Wagens Jean-Louis, artisan d’Eloquentia Haïti ».

Dans cette aventure, il faut saluer la constance d’un engagement qui dépasse l’événement lui-même. Car si une jeune lauréate peut aujourd’hui porter si loin sa voix, c’est aussi parce qu’en amont, des femmes et des hommes ont cru à la jeunesse, organisé, accompagné, préparé, structuré, encouragé.

À travers Golden Team Haïti, c’est une vision exigeante qui apparaît : faire émerger des talents, leur donner un cadre, leur transmettre une méthode et leur ouvrir des perspectives. Paris est alors venu confirmer ce qui était déjà visible à Jacmel : la fécondité d’un travail patient, sérieux, profondément utile et nous l’espérons précurseur.

Accueillir, relier, transmettre

Au fil des jours, cette venue a aussi été l’occasion de tisser ou de renforcer plusieurs liens. Accueillir, ce n’est pas seulement recevoir. C’est créer les conditions d’une rencontre juste, permettre des échanges, ouvrir des portes, favoriser des reconnaissances mutuelles.

Dans cet esprit, cette séquence parisienne a pris place dans une démarche plus large, fidèle à ce que l’AAJM cherche à encourager : faire circuler les voix, rapprocher les générations, relier les personnes et donner à la transmission une forme vivante. Entre initiatives culturelles, engagement associatif, hospitalité et présence auprès des talents, ce sont des passerelles concrètes qui se sont dessinées.

La parole n’est alors plus seulement un exercice. Elle devient un lieu de confiance, un outil de rayonnement et parfois même un point d’appui pour de futures coopérations.

Paris comme espace de reconnaissance et de passage

Le passage par Paris a donné à cette aventure une intensité particulière. Il y a eu les temps d’échange au siège d’Eloquentia, les rencontres, les moments de préparation, les instants d’émotion, mais aussi l’accueil à l’Ambassade d’Haïti en France, qui a marqué symboliquement la reconnaissance de ce parcours.

Ces étapes ont rappelé qu’une voix venue de Jacmel pouvait trouver sa place dans des lieux de visibilité et d’écoute, sans perdre son sens profond. Elles ont également montré combien la jeunesse haïtienne, lorsqu’elle est soutenue, préparée et accompagnée, peut susciter respect, admiration et espérance.

À travers cette présence à Paris, ce n’est pas seulement un concours qui a été traversé. C’est une image d’Haïti, faite de travail, d’intelligence, de culture et d’élan, qui a pu être partagée.

Une aventure qui appelle des suites

Ce qui s’est joué autour d’Eloquentia Jacmel à Paris ne saurait se réduire à une parenthèse heureuse. Une telle aventure invite à penser la suite : comment prolonger ces dynamiques, comment renforcer les passerelles entre Haïti et la France, comment soutenir durablement les initiatives qui donnent à la jeunesse des espaces de formation, d’expression et de confiance.

L’AAJM, fidèle à sa vocation de transmission et d’alliance, demeure attentive à ces mouvements qui font dialoguer la culture, la jeunesse et l’avenir. Car de telles expériences rappellent qu’entre la mémoire et demain, il existe un espace essentiel : celui des voix que l’on aide à se lever.

De Jacmel à Paris, cette aventure rappelle enfin qu’une parole juste peut ouvrir bien des chemins. Lorsqu’elle est portée par le travail, par la jeunesse et par des passeurs engagés, elle devient plus qu’une performance : elle devient une promesse de transmission.

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