La disparition de Catherine Ringer touche profondément l’Association des Amis de Jean Métellus. Au-delà de l’immense artiste et de la voix incomparable des Rita Mitsouko, elle était liée à notre histoire par le théâtre, l’amitié, le langage et, tout récemment encore, la poésie de Jean Métellus.
Olivier Métellus – 15 septembre 2026 – 4 min de lecture

Catherine Ringer est morte à Paris dans la nuit du 14 au 15 septembre 2026, à l’âge de 68 ans. Sa famille a salué une artiste qui aura marqué plusieurs générations par sa voix, sa singularité et sa liberté.
Pour l’AAJM, sa disparition ravive aussi une histoire plus personnelle.
Mariann Mathéus et Catherine Ringer : une histoire qui commence au théâtre
Cette histoire passe d’abord par Mariann Mathéus.

En 1975, Mariann et Catherine Ringer partageaient la scène dans Fragments pour Guevara, texte de Pierre Bourgeade mis en scène par Michael Lonsdale, avec une musique de Michel Puig.
Le spectacle fut notamment présenté au Théâtre de l’Est Parisien. La presse de l’époque décrit les deux jeunes comédiennes ensemble sur scène, mêlant gestes, voix et chants.
De cette jeunesse artistique naît une relation qui restera vivante près d’un demi-siècle.
Catherine Ringer et Jean Métellus : une autre rencontre autour du langage
Catherine Ringer avait également connu Jean Métellus dans une tout autre dimension de son parcours : celle du médecin, neurologue et spécialiste du langage.
Elle avait travaillé avec lui autour des troubles du langage.

Le lien est singulier lorsqu’on songe à ce que la voix, les mots, les sonorités — et parfois leurs accidents — ont représenté dans l’univers artistique de Catherine Ringer.
Nous avons eu le bonheur, au fil des années, de l’entendre elle-même évoquer Jean Métellus et ces souvenirs.
Des retrouvailles avec l’AAJM
C’est encore par Mariann Mathéus, avec Patrick Karl, que l’Association eut le plaisir de retrouver Catherine.
En 2023, elle participa à l’une de notre rencontre à la Maison de l’Amérique latine.
Curieuse, libre et entière comme toujours, elle s’était même mêlée avec spontanéité à une discussion particulièrement animée autour des combats de coqs en Haïti.
Ces moments restent dans la mémoire de ceux qui étaient présents précisément parce qu’ils n’avaient rien de cérémoniel : Catherine était là, simplement, attentive et engagée dans la conversation.
Février 2026 : Jean Métellus sur France Culture

Puis il y eut, quelques mois avant sa disparition, un cadeau inattendu.
Dans le cadre de la série L’Instant poésie sur France Culture, Mariann Mathéus avait proposé à son amie plusieurs textes de Jean Métellus.
C’est Catherine Ringer elle-même qui choisit Le chiffre 8.
Le 11 février 2026, elle introduit Jean Métellus comme poète et scientifique, rappelle qu’elle l’a connu, puis prête sa voix à ce texte où le huit devient notamment figure de l’infini.
Cette lecture a profondément touché la famille de Jean Métellus et l’AAJM.
Réécouter Catherine Ringer lire Le chiffre 8
Une passeuse de poésie
Quelques mois plus tard, cette lecture prend nécessairement une autre résonance.
Catherine Ringer appartenait à ces artistes qui ne séparaient jamais complètement la voix, le corps, les mots et la liberté.
Elle aura aussi été, ce jour-là, une passeuse de poésie.
Nos pensées vont à sa famille et à tous ses proches.
Elles vont tout particulièrement à Mariann Mathéus et Patrick Karl, que nous accompagnons affectueusement dans leur peine.
Merci également à Mariann de nous avoir permis, au fil des années, de mieux connaître Catherine et de partager avec elle quelques-uns de ces moments précieux.
Au revoir Catherine.
Et merci d’avoir, une fois encore, prêté ta voix aux mots de Jean Métellus.
Association des Amis de Jean Métellus
Sources et crédits
- Fragments pour Guevara — archives du Monde et Catalogue général de la BnF
- Catherine Ringer aux Eurockéennes, 2007 — Rama / Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0 FR
- Mariann Mathéus — Après-midi Jean et Anne-Marie Métellus, juin 2026
- Lecture de Le chiffre 8 — France Culture, 11 février 2026





