Le 11 juin 2026, les Éditions Maurice Nadeau – Les Lettres Nouvelles célébraient leurs cinquante ans à la mairie du 5e arrondissement de Paris. Réunis autour de Gilles Nadeau, auteurs, lecteurs et amis de la maison partageaient une soirée de cinéma, de littérature et de rencontres.
Pour Olivier Métellus, président de l’Association des Amis de Jean Métellus, cet anniversaire avait une résonance particulière : un extrait d’une lettre de Maurice Nadeau à son père, à propos d’Au pipirite chantant, y a été lu par Maxime Dumont.

Une maison, une exigence, des voix
La soirée s’est ouverte par la projection de Maurice Nadeau, Révolution et littérature, le film réalisé par Gilles Nadeau. À travers ce portrait se retrouvait une certaine conception du métier d’éditeur : l’indépendance du jugement, l’attention aux écrivains et la volonté de faire entendre des voix encore peu reconnues.
Le programme se poursuivait par une table ronde et un moment festif avec les auteurs de la maison, notamment Patrice Trigano et Cyrille Falisse, annoncés pour la rentrée littéraire.
Les livres exposés donnaient à cette histoire une présence concrète. Parmi eux figurait Au pipirite chantant de Jean Métellus, aux côtés d’autres ouvrages du catalogue. Le recueil conservait ainsi sa place dans une aventure éditoriale qui se poursuit.

Au pipirite chantant de Jean Métellus parmi les ouvrages présentés à l’occasion de l’anniversaire.
« Je passe à nouveau pour un “découvreur” grâce à vous »
Après la lecture par Éric Chartier d’une lettre d’Antonin Artaud, Maxime Dumont a prêté sa voix à un extrait de la correspondance entre Maurice Nadeau et Jean Métellus.
Dans cette lettre datée du 1er décembre (1978 ?), Maurice Nadeau écrit :
« Votre recueil a un certain retentissement et je passe à nouveau pour un “découvreur” grâce à vous. »
La formule associe l’humour à la reconnaissance. L’éditeur attribue au poète le mérite de cette découverte et se réjouit de l’accueil réservé à son livre.
La suite évoque aussi les difficultés matérielles de l’édition. Maurice Nadeau parle du déficit de son entreprise avec Laffont, tout en réaffirmant sa confiance dans les lecteurs. Il annonce qu’une centaine de libraires ont accepté de consacrer des vitrines aux Lettres Nouvelles, puis assure Jean Métellus :
« Vous y figurerez en bonne place. »
Ces quelques lignes montrent ce que signifie accompagner un écrivain : croire à son œuvre, chercher à la rendre visible et soutenir sa rencontre avec le public, malgré les incertitudes du métier.
Une lettre rendue à la voix
Entendre cette lettre dans la voix de Maxime Dumont a constitué un moment de grande émotion pour Olivier Métellus. Un document conservé dans les archives retrouvait une présence publique, au milieu des livres et des amis de la maison.
Cette lecture faisait se rejoindre plusieurs générations : Maurice Nadeau et Jean Métellus, puis Gilles Nadeau et Olivier Métellus, avec un lecteur donnant aujourd’hui voix à leur correspondance.
Pour l’AAJM, partager cet extrait permet de transmettre une part de l’histoire de l’œuvre de Jean Métellus, mais aussi de rappeler le rôle des éditeurs qui accueillent, défendent et accompagnent les écrivains.
La fidélité se poursuit

Laure de Lestrange et les premiers invités lors des échanges autour des livres.
Dans le message adressé le lendemain à Gilles Nadeau, Olivier Métellus a exprimé sa gratitude pour cette célébration et pour la place donnée à son père. Il y soulignait l’exigence, la liberté et la fidélité aux écrivains qui avaient marqué la soirée.
L’Association des Amis de Jean Métellus remercie chaleureusement Gilles Nadeau et Laure de Lestrange, ainsi que toutes les personnes ayant contribué à cette rencontre. Elle remercie également Maxime Dumont pour sa lecture et la mairie du 5e arrondissement pour l’accueil de cet anniversaire.
Au-delà de la célébration, cette soirée rappelait qu’une maison d’édition est aussi un lieu de relations durables, où les livres, les lettres et les voix continuent de relier les générations.






