Depuis 1981, La Chaise-Dieu occupe une place singulière dans l’histoire de la famille Métellus. Jean Métellus y a écrit une part importante de son œuvre. Quarante-cinq ans plus tard, trois générations continuent d’y revenir — et les rencontres d’aujourd’hui prolongent, à leur manière, les fils qu’il y avait noués.

Olivier Métellus – 17 septembre 2026 – 4 min de lecture

Une histoire qui commence avec Jean-Jacques Rousseau

L’histoire commence avant La Chaise-Dieu, et même avant la France.

Arrivé en Europe, Jean Métellus, grand lecteur de Jean-Jacques Rousseau, se rend à Môtiers, en Suisse, où l’écrivain avait vécu. Il s’attache au Jura, à ses paysages et à cette présence très particulière de la nature.

Quelques années plus tard, Jean et Anne-Marie Métellus cherchent en France un lieu susceptible de leur rappeler ces terres aimées. Leur choix se porte sur La Chaise-Dieu, en Haute-Loire.

Depuis 1981, la famille y revient chaque été.

D’abord Jean et Anne-Marie avec leurs enfants ; aujourd’hui encore leurs fils, leurs familles et leurs petits-enfants.

Trois générations sont désormais attachées au même lieu.

Un lieu d’écriture

C’est à La Chaise-Dieu, au fil des mois d’août, que Jean Métellus a écrit une partie importante de son œuvre : romans, poésie, essais, théâtre.

Dans ce village du Massif central, une œuvre profondément liée à Haïti pouvait ainsi s’élaborer au milieu des paysages d’Auvergne.

Cette géographie dit déjà quelque chose de Jean Métellus : profondément enraciné, mais jamais enfermé dans une seule terre.

Des livres et des rencontres

Au fil des années, La Chaise-Dieu est aussi devenue un lieu de rencontres.

Une amitié s’est notamment nouée avec la famille du comédien Étienne Diallo, dont le parcours passe aussi bien par le théâtre que par la télévision.

Sa mère, Odile Journet-Diallo, anthropologue africaniste et grande lectrice, nous a fait découvrir l’adresse de son amie Stéphanie Dubertret : Dans la forêt – Livres, vins, café.

Et au milieu des rayonnages, un nouveau fil apparaît : un livre de Lyonel Trouillot, écrivain haïtien retrouvé quelques semaines auparavant à la Maison de la Poésie à Paris.

D’un lecteur à l’autre, d’une rencontre à l’autre, les livres circulent.

De l’Auvergne aux forêts africainesPour Olivier Métellus, cette visite a également fait revenir le souvenir du livre conçu avec son père. La découverte des peintures d’aujourd’hui ouvrait un chemin vers cette collaboration ancienne, toujours présente dans la mémoire de l’artiste et de la famille.

De l’Auvergne aux forêts africaines

Une autre rencontre naît presque par hasard.

En allant acheter du miel chez Richard Vigot, nous découvrons le travail photographique de son fils Alexandre Vigot, installé à La Chaise-Dieu.

Ses photographies montrent le territoire casadéen au fil des saisons — notamment sous la neige, un visage du pays que nous connaissons moins — mais son regard se porte également vers les forêts africaines.

Du Livradois-Forez au Cameroun, photographie, nature et mémoire se répondent.

La présence d’Alexandre Vigot à La Chaise-Dieu est aujourd’hui bien établie à travers son atelier-galerie Phoebus.

Le Festival et les lumières

À la nuit tombée, le village change encore de visage.

En août 2026, la façade de l’abbatiale Saint-Robert s’est illuminée dans le cadre du Festival Région des Lumières. Cette édition faisait écho aux 60 ans du Festival de La Chaise-Dieu, fondé en 1966 et célébré cette année par treize jours de concerts et de rencontres.

Cette mise en lumière nous fait penser à Alix Olivier, créateur des Ateliers Jean Métellus à Jacmel, aujourd’hui en fin de formation son et lumière à l’ENSATT de Lyon.

Encore un fil de transmission.

Rendre quelque chose au lieu

Rousseau, Haïti, l’Auvergne, l’Afrique ; littérature, photographie, théâtre, musique, lumière…

Et puis les choses les plus simples : un livre découvert, un pot de miel, une conversation ou le très local « Jésus du Festival ».

Un lieu vit aussi par ces détails.

L’été prochain, nous aimerions proposer à Stéphanie Dubertret, chez Dans la forêt, un rendez-vous autour de quelques-uns des livres de Jean Métellus écrits à La Chaise-Dieu.

Une manière de rendre à ce lieu un peu de ce qu’il a donné à notre famille.

Les racines ne sont pas des frontières. Elles relient, nourrissent et donnent l’élan d’aller vers l’autre.

Et peut-être est-ce cela, au fond, aimer un lieu : l’aimer assez pour y accueillir le monde.

Olivier Métellus, AAJM

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