Mariann Mathéus, de Toto Bissainthe à Maryse Condé


Les 24 et 25 juillet 2026, un hommage à Maryse Condé réunissait au Parc Floral de Paris écrivains, artistes, chercheurs et témoins de son parcours. Mariann Mathéus y représentait l’AAJM et y a partagé une histoire qu’elle connaît de l’intérieur : celle de l’amitié entre Maryse Condé et Toto Bissainthe.

Organisé par l’association Kaz à Condé, avec Onya Cultures du Monde, à l’Espace City’Zen du Parc Floral de Paris, cet hommage a rassemblé pendant deux jours différentes générations attachées à l’œuvre et à la mémoire de Maryse Condé.

Parmi les intervenants figurait Mariann Mathéus, figure amie de l’Association des Amis de Jean Métellus, qui représentait l’AAJM à cette occasion.

Son intervention, intitulée « Toto Bissainthe et Maryse Condé », revenait sur l’amitié qui liait les deux femmes et sur une histoire artistique commune que Mariann Mathéus connaît elle-même de très près.

Comédienne et chanteuse, elle a en effet bien connu Toto Bissainthe. Ensemble, elles ont notamment partagé l’aventure des Chants Populaires d’Haïti.

Les liens entre Toto Bissainthe et Maryse Condé passaient également par le théâtre : Toto Bissainthe a joué dans une pièce de Maryse Condé. Mariann Mathéus pouvait donc évoquer cette relation non comme une simple observatrice, mais comme témoin direct d’une époque, de rencontres et d’amitiés qui ont compté dans la vie culturelle caribéenne.

Son intervention au Parc Floral a été chaleureusement accueillie et ovationnée par le public.

Pour l’AAJM, cette présence avait une résonance particulière. L’Association avait déjà rendu hommage à Maryse Condé lors de l’une de ses précédentes assemblées générales.

Jean Métellus entretenait lui-même avec Maryse Condé une relation d’amitié et de connivence intellectuelle. Il connaissait également très bien Toto Bissainthe, qui faisait partie des familières de la maison de Jean et Anne-Marie Métellus.

Ces liens disent quelque chose de cette génération d’écrivains, d’artistes et d’intellectuels dont les chemins se croisaient entre Haïti, les Antilles, l’Afrique et la France.

Le parcours de Mariann Mathéus raconte lui aussi cette circulation.

Depuis ses années d’études et ses rencontres avec des étudiants haïtiens, Haïti n’a cessé d’être présente dans sa vie. Elle en connaît la culture, elle aime l’île et sa force, elle en a porté les chants et fréquenté nombre de ses artistes.

Au point, dit-elle avec amusement, que « la plupart des gens pensent que je suis haïtienne ».

De la Caraïbe au Bénin, Haïti semble ainsi l’accompagner au fil de son parcours.

Son engagement aux côtés de l’AAJM apparaît dès lors comme une continuité naturelle : celle d’une femme dont l’itinéraire a constamment relié les îles, les cultures, l’Afrique et les diasporas.

Une Caraïbe reliée, en somme.

L’AAJM en action — Faire vivre une mémoire, c’est la porter à plusieurs.